EDITO FEVRIER 2018


 Étrangers, pèlerins, voyageurs 

voyageur

Le mois passé, la « Semaine Universelle de Prière » organisée par le C.N.E.F ¹. a rassemblé les chrétiens de diverses églises. Cette année, il nous était suggéré de penser particulièrement aux migrants, aux étrangers.

Un soir, dans une église à Dunkerque, nous avons évoqué le témoignage d’Yvonne, une femme originaire du Rwanda :

Je n’ai jamais planifié mon départ. Je n’ai même jamais pensé que j’allais partir …

Ce mercredi soir, je ne pouvais pas imaginer que je ne passerai pas la nuit dans ma maison.

Des voix retentissaient : « Partez ! Partez si vous voulez rester en vie ! » Il y avait des bruits de canons, des cris d’êtres humains. Je me sentais comme dans un océan, avec le vent qui me poussait un peu partout.

Je me demandais : « Qu’est-ce que j’emporte avec moi, qu’est-ce que je laisse ? J’ai quatre enfants en bas-âge avec moi : c’est sûr, je ne pourrais pas avoir d’autres bagages ! » Alors j’ai seulement pensé à prendre mon passeport … Voilà comment je suis partie, loin des miens, en laissant mon mari, l’os de mes os, sans savoir ce qui lui est arrivé, sans savoir quelle route il a affrontée, mais en espérant que peut-être nos routes se recroiseront un jour.

Dans la Bible, l’étranger est souvent associé à la veuve et à l’orphelin. C’est qu’aux temps bibliques l’étranger, l’orphelin, et la veuve ont en commun la FRAGILITE, la VULNERABILITE.

Or Dieu a un cœur pour l’étranger, il a un amour particulier pour ceux et celles qui sont fragilisés, qui sont vulnérables. Et il nous demande d’avoir à notre tour un cœur pour l’étranger.

À Dunkerque, à Grande-Synthe ou à Calais, nous croisons souvent des migrants qui ont dû fuir leur pays et qui se retrouvent « étrangers » en France.

Peut-être as-tu toi-même quitté ton pays pour fuir la guerre, ou la pauvreté. Ou pour un tout autre motif comme les études. Pour se sentir étranger, étrangère, il ne faut pas forcément faire des milliers de kilomètres et on peut parfois se retrouver comme un étranger dans sa propre famille.

Peut-être encore as-tu le sentiment d’être étranger, étrangère, tout simplement parce que tu es étrange, différent à cause d’une faiblesse, d’un handicap.

Et puis étranger, vulnérable, fragile, nous l’avons tous été, jusqu’à ce que Dieu se révèle à nous.

Étrangers à la vie de Dieu, étrangers à ses promesses, étrangers à son amour.

Si c’est ta situation, j’aimerais pouvoir te dire que le Seigneur a un cœur, un amour particulier pour toi.

José FREDERICK

¹ Conseil National des Evangéliques de France


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    José Frédérick